dimanche, 13 mai 2012

De l'Orient à l'Occident

« Il dit : Je suis de là-bas. Je suis d'ici
et je ne suis pas là-bas ni ici.
J'ai deux noms qui se rencontrent et se séparent,
deux langues, mais j'ai oublié laquelle était
celle de mes rêves.
J'ai, pour écrire, une langue au vocabu­laire docile, anglaise
et j'en ai une autre, venue des conversa­tions du ciel avec Jérusalem.
Son timbre est argenté, mais
elle est rétive à mon imagination ! »

Mahmoud Darwich à Edward Saïd

Vers la mosquée sacrée

« Il ne faut cependant pas ignorer que la posture du corps est un facteur qui sert réellement à déterminer l'attitude de l'esprit. Le choix d'une direction particulière dans le culte de l'Islam est destiné à assurer l'unité du sentiment dans la congrégation, et sa forme, en général, créé et développe le sens de l'égalité sociale dans la mesure où il tend à détruire le sentiment de la supériorité de rang ou de race parmi les fidèles... La division de l'humanité en races, nations et tribus, selon le Coran, a seulement pour but de permettre une identification. La forme islamique de l'association dans la prière, outre sa valeur cognitive, témoigne donc de l'aspiration à réaliser cette unité essentielle de l'humanité comme fait vécu, en démolissant toutes les barrières qui s'élèvent entre l'homme et l'homme. »

Mohammed Iqbal


Se diriger vers la qibla ne revêt de l'importance qu'une fois ces bienfaits soulignés. En dehors de ça, le côté vers lequel nous tournons notre visage n'a certainement pas grande importance quant à l'esprit de la prière. Le Coran est parfaitement clair sur ce point :

« À Dieu l'orient et l'occident. De quelque côté que vous vous tourniez, là est la face de Dieu. Dieu est Immense et Connaissant. » Coran II, 115.

« La piété ne consiste pas à tourner votre tête du levant au couchant. Mais la piété consiste à croire en Dieu, au Jour dernier, aux anges, à l'Écrit, aux Prophètes, à donner de son bien, pour attaché qu'on y soit, aux proches, aux orphelins, aux miséreux, aux enfants du chemin, aux mendiants, et pour l'affranchissement des nuques (esclaves), à accomplir la prière, à acquitter la purification, à remplir les pactes une fois conclus, à prendre patience dans la souffrance et l'adversité au moment du malheur : ceux-là sont les véridiques, ce sont eux qui se prémunissent. » Coran II, 177.

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Il ne suffit pas d’être assis à la même table que les dîneurs pour dîner

« Je ne suis pas démocrate, je ne suis pas républicain et je ne me tiens pas même pour un Américain. (...) Ces Hongrois qui viennent de débarquer, ils sont déjà des Américains ; les Polonais sont déjà des Américains ; les émigrants italiens sont déjà des Américains. Tout ce qui est venu d’Europe, tout ce qui a les yeux bleus, est déjà américain. Et depuis le temps que nous sommes dans ce pays, vous et moi, nous ne sommes pas encore des Américains. » « L’« homme » (blanc) lui dit et lui répète : « Vous êtes américain ». Mais mon vieux, comment pouvez-vous vous prendre pour un Américain, alors que jamais vous n’avez été traité en Américain dans ce pays ? (...) Supposons que dix hommes soient à table, en train de dîner, et que j’entre et aille m’asseoir à leur table. Ils mangent ; mais devant moi il y a une assiette vide. Le fait que nous soyons tous assis à la même table suffit-il à faire de nous tous des dîneurs ? Je ne dîne pas tant qu’on ne me laisse pas prendre ma part du repas. Il ne suffit pas d’être assis à la même table que les dîneurs pour dîner. »
Malcolm X, Le Pouvoir noir, éd. La Découverte, p. 60 et 208

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Renaissance

« Le mont naît des premières pierres
Et l’homme des premières douleurs
Il y avait en moi un prisonnier rebelle
Qui ne pouvait s’accommoder de ses chaînes
Je suis né de ton premier regard. »

Ahmad Shâmlou

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Seigneur des univers

« Le soleil est dans mon cœur, les étoiles se cachent dans les plis de ma tunique.
Si tu me contemples, je ne suis rien ; si tu regardes en toi, je suis toi-même.
Dans les villes et dans les campagnes, dans les palais et dans les chaumières,
Je suis la douleur et ce qui l’apaise, je suis la joie infinie.
Je suis l’épée qui déchire l’univers, je suis la Source de Vie.
Les Gengis Khan et les Tamerlan ne sont qu’une poignée de ma poussière,
Le bruit et la fureur de l’Europe ne peuvent rivaliser avec le plus infime de mes échos.
L’homme et son univers ne sont que l’une de mes esquisses,
C’est avec le sang de son cœur que je colore mon printemps.
Je suis flamme ardente, je suis divin paradis.
Ô étrange mystère ! Je suis à la fois immobile et en marche,
L’éternité se reflète dans ma coupe éphémère. »

Mohammad Iqbal

L'Islam hisse l'âme

« Puis j'ai appris l'Islam
cette religion honorable
de transmission orale
auprès de gens bons et fiables
Elle m'a rendu ma fierté
m'a montré ce qu'était qu'un homme
et comment affronter
les démons qui nous talonnent
J'ai embrassé le chemin droit
et délaissé les slaloms »

Kery James

Ce qui doit être dit

Pourquoi me taire, pourquoi taire trop longtemps
Ce qui est manifeste, ce à quoi l'on s'est exercé
dans des jeux de stratégie au terme desquels
nous autres survivants sommes tout au plus
des notes de bas de pages

C'est le droit affirmé à la première frappe
susceptible d'effacer un peuple iranien
soumis au joug d'une grande gueule
qui le guide vers la liesse organisée,
sous prétexte qu'on le soupçonne, dans sa zone de pouvoir,
de construire une bombe atomique.

Mais pourquoi est-ce que je m'interdis
De désigner par son nom cet autre pays
Dans lequel depuis des années, même si c'est en secret,
On dispose d'un potentiel nucléaire en expansion
Mais sans contrôle, parce qu'inaccessible
À toute vérification ?

Le silence général sur cet état de fait
silence auquel s'est soumis mon propre silence,
pèse sur moi comme un mensonge
une contrainte qui s'exerce sous peine de sanction
en cas de transgression ;
le verdict d'"antisémitisme" est courant.

Mais à présent, parce que de mon pays,
régulièrement rattrapé par des crimes
qui lui sont propres, sans pareils,
et pour lesquels on lui demande des comptes,
de ce pays-là, une fois de plus, selon la pure règle des affaires,
quoiqu'en le présentant habilement comme une réparation,
de ce pays, disais-je, Israël
attend la livraison d'un autre sous-marin
dont la spécialité est de pouvoir orienter des têtes explosives
capables de tout réduire à néant
en direction d'un lieu où l'on n'a pu prouver l'existence
ne fût-ce que d'une seule bombe atomique,
mais où la seule crainte veut avoir force de preuve,
je dis ce qui doit être dit.

Mais pourquoi me suis-je tu jusqu'ici ?
parce que je pensais que mon origine,
entachée d'une tare à tout jamais ineffaçable,
m'interdit de suspecter de ce fait, comme d'une vérité avérée,
le pays d'Israël, auquel je suis lié
et veux rester lié.

Pourquoi ai-je attendu ce jour pour le dire,
vieilli, et de ma dernière encre :
La puissance atomique d'Israël menace
une paix du monde déjà fragile ?
parce qu'il faut dire,
ce qui, dit demain, pourrait déjà l'être trop tard :
et aussi parce que nous - Allemands,
qui en avons bien assez comme cela sur la conscience -
pourrions fournir l'arme d'un crime prévisible,
raison pour laquelle aucun
des subterfuges habituels n'effacerait notre complicité.

Et admettons-le : je ne me tais plus,
parce que je suis las de l'hypocrisie de l'Occident ; il faut en outre espérer
que beaucoup puissent se libérer du silence,
et inviter aussi celui qui fait peser cette menace flagrante
à renoncer à la violence
qu'ils réclament pareillement
un contrôle permanent et sans entraves
du potentiel nucléaire israélien
et des installations nucléaires iraniennes
exercé par une instance internationale
et accepté par les gouvernements des deux pays.

C'est la seule manière dont nous puissions les aider
tous, Israéliens, Palestiniens,
plus encore, tous ceux qui, dans cette
région occupée par le délire
vivent côte à côte en ennemis
Et puis aussi, au bout du compte, nous aider nous-mêmes.

Günter Grass

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Dieu est entre l'homme et son cœur

« Quand tu cherches Dieu, cherche-le dans ton cœur. Il n'est pas à Jérusalem, ni à la Mecque, ni dans le hajj »

Yunus Emre

L'enfer-me-ment

« Je suis dans la clarté qui s'avance
Mes mains sont toutes pleines de désir, le monde est beau.

Mes yeux ne se lassent pas de regarder les arbres,
les arbres si pleins d'espoir, les arbres si verts.

Un sentier ensoleillé s'en va à travers les mûriers.
Je suis à la fenêtre de l'infirmerie.

Je ne sens pas l'odeur des médicaments.
Les œillets ont dû fleurir quelque part.

Et voilà, mon amour, et voilà, être captif, là n'est pas la question,
la question est de ne pas se rendre… »

Nâzım Hikmet

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Le châtiment

« Non, ne crois pas qu'Allah reste indifférent aux actions des oppresseurs. Seulement, Il les ajourne au Jour où le regard fixe, hagards,
le col tendu, ils courront, la tête basse, sans pouvoir ciller, le cœur béant... »

Coran XIV, 42-43

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